Comprendre le cycle du stress : phases, symptômes et solutions pour éviter l’épuisement

Stress

Il m’est difficile de mettre des mots sur toutes les étapes qui mènent à un état d’épuisement : je vais pour l’instant parler de stress, car ce terme englobe plus facilement plusieurs états.

A quel âge le stress peut-il apparaître dans la vie ?

Très tôt, bien trop tôt. Il peut arriver avant même la naissance. Le fœtus vit déjà au rythme des humains, en commençant bien sûr par sa mère. Il ressent très tôt toutes les émotions et les tensions.
A la naissance, les nourrissons ont déjà subi un stress non négligeable. En plus de ressentir toutes les émotions et le stress autour d’eux, beaucoup d’entre eux vont manifester des douleurs physiques, des tensions et des émotions fortes : coliques, pleurs intenses, insomnies, terreurs nocturnes…
C’est ainsi que « le cycle du stress » se met en place au fil des désagréments physiques, émotionnels vécus : L’environnement, l’alimentation, les relations, l’apprentissage, l’autorité, l’incompréhension, etc…
Je ne parle pas ici de situations lourdes vécues par les petits, simplement d’une enfance sans histoire ; malheureusement, les situations de vie peuvent être bien plus douloureuses et traumatisantes.
A chacun de ces « petits » événements vécus, le corps se met en alerte. Une alarme intérieure se déclenche : le cœur se met subitement à battre plus vite, les muscles se contractent, il se produit une décharge d’adrénaline accompagnée d’une peur ou d’une colère. Ces déclenchements proviennent d’un mécanisme de survie, vieux d’environ 400 millions d’années, ancré dans notre cerveau reptilien, et qui consiste à nous protéger des dangers mortels.

 

Quand le stress ne s’arrête plus

Le problème, c’est que le stress ne s’arrête pas lorsque la situation stressante se termine. Le corps a besoin de temps pour revenir à son équilibre naturel pour « boucler » ce cycle. On parle d’homéostasie quand le corps est pleine santé.
Cette première phase, je l’appelle « la phase d’alarme », c’est la réaction initiale de l’organisme face à un facteur de stress. Le corps se prépare à combattre ou à fuir.
Mais quand les situations stressantes s’enchaînent sans relâche, cette boucle reste ouverte. C’est un peu comme si une lumière rouge restait allumée en permanence, maintenant le corps dans un état de tension constante.
Vient ensuite « la phase de résistance » : l’organisme sécrète des hormones de stress, comme le cortisol, pour tenir bon. Cette phase peut durer longtemps, parfois des années, pendant lesquelles le corps tente de s’adapter à ce niveau de stress élevé. On parle alors de stress chronique.
Vient alors « la phase d’épuisement » : l’exposition au stress se poursuit, les ressources de l’organisme s’épuisent et l’énergie s’effondre.
Les symptômes peuvent être très variés selon les personnes :

  • il y a une apparition d’épuisement émotionnel et de fatigue mentale qui peut mener à de la nervosité, de l’irritabilité, de l’anxiété chronique, de l’inquiétude, de la tristesse, des sautes d’humeur, une hypersensibilité, de la rumination, une baisse de confiance en soi, des crises de larmes, de l’angoisse, un sentiment de décalage et d’incompréhension, des difficultés de concentration et de prises de décision, un pessimisme chronique, une perte de motivation et d’enthousiasme, une hypervigilance émotionnelle, de la dépression, des crises de panique, une phobie sociale, des troubles de stress post-traumatiques (PTSD), un surmenage pouvant mener au burn-out ; 
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  • Des problèmes de nature physique : un affaiblissement du système immunitaire, des douleurs chroniques (mal de dos, migraines et céphalées, tensions musculaires et articulaires…), des palpitations, des maladies chroniques (asthme, eczéma, psoriasis, apnée du sommeil, maladies auto-immunes, dysbiose intestinale, troubles digestifs, tachycardie, intolérances alimentaires…)
  • Des signes comportementaux : des troubles du sommeil, des insomnies, des troubles de l’alimentation (compulsions alimentaires, boulimie, anorexie, besoin de se lever dans la nuit pour manger,) des addictions.

 

Et peu à peu, on s’habitue à cet état.


Ce cycle de stress s’installe au fil de la vie sans trop se faire remarquer parfois, insidieusement. Pourquoi ? parce que c’est un phénomène sociétal, on pense que la vie est ainsi faite, qu’elle est stressante par nature, et qu’il faut faire avec.
La vie n’existe plus sans le stress, et le corps et l’esprit finissent par se couper de certains ressentis, qu’ils soient positifs ou négatifs.
J’appelle cela « la phase de sur-adaptation » : si elle n’a pas produit de gros dégâts plus tôt alors elle peut durer toute une vie car il devient difficile de la détecter, on fonctionne en mode automatique sans même réaliser que l’épuisement s’est installé.

Stress

Comprendre le cycle du stress : une boussole intérieure

Comprendre ce cycle, c’est comme avoir une carte pour naviguer à travers ses émotions. C’est se redonner du pouvoir sur son bien-être.

Mais alors, comment prendre soin de soi ?
Quand la prise de conscience émerge, il devient possible d’agir en douceur pour retrouver son équilibre. Voici quelques pistes à explorer, à ajuster selon vos ressentis :

 

  • Reconnaître vos signes de stress : vos comportements répétitifs, vos évitements.
  • Le repos : reposez-vous comme un convalescent. Faites des siestes, dormez longtemps.
  • La bienveillance envers vous-même : offrez-vous de la douceur, de l’auto-compassion.
  • Revoir vos exigences : diminuez la pression que vous vous imposez (ou que l’on vous impose) et apprenez à dire non
  • Favoriser les connexions humaines : entourez-vous de personnes qui vous apaisent et vous soutiennent.
  • Rechercher le calme : prenez des moments de silence, loin des stimulations (bruits, écrans, lumières vives).
  • Méditer : un temps suspendu pour observer vos pensées sans jugement.
  • Scanner votre corps : ressentez chaque partie de vous-même, détectez les zones de tension.
  • Pratiquer la lenteur : ralentissez vos gestes, votre rythme, pour sentir quand le corps commence à relâcher.
  • Respirer consciemment : des exercices comme la cohérence cardiaque apaisent rapidement le système nerveux.
  • Écrire dans un journal : poser vos pensées sur le papier permet de ralentir le mental et de se reconnecter à son intuition
  • Exprimer vos émotions : pleurer, crier, rire, danser… laissez vos émotions circuler.
  • Créer et bouger : l’art, la musique, le sport, toute activité qui vous fait vibrer est thérapeutique.
  • Se reconnecter à la nature : marcher, respirer l’air frais, sentir la chaleur du soleil sur votre peau.

 

En adoptant ces pratiques, il devient possible de relâcher progressivement les tensions et d’interrompre le cycle de l’épuisement.
Ce sont des outils précieux que j’aime partager avec mes patients, car ils permettent de redevenir acteur de son mieux-être, pas à pas, à son rythme.

Rappelez-vous que vous avez cette capacité de retrouver l’équilibre.
Et qu’il est toujours possible de revenir vers soi.

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